Savage Gear Hard 4 Play 2.0 : le swimbait articulé qui coule lentement

Ce leurre marche sous certaines conditions précises. CarnaFish te dit en 10 secondes si aujourd’hui en fait partie.
Un brochet qui suit un leurre sans attaquer, tout le monde l'a vécu. Il colle au leurre sur trois mètres, vire à un mètre du bateau, et disparaît. Ce qui déclenche ce poisson-là, ce n'est presque jamais une accélération : c'est une rupture, un décrochage latéral soudain qui ressemble à une proie qui panique. Le Hard 4 Play 2.0 de Savage Gear est construit pour produire exactement ce décrochage, et son tableau de cotes mérite qu'on s'y arrête avant de commander.
Trois tailles, et un tableau à lire en entier
Le tableau du revendeur comporte quatre colonnes : le nom du modèle, la longueur, la masse et la classe de densité. Attention, la première colonne porte un nom, pas une cote — 135, 165 et 200 sont les désignations Savage Gear, qui correspondent à la longueur en millimètres dans la nomenclature de la marque.
Les valeurs du tableau, elles, sont données en pouces et en onces, et ce sont manifestement des conversions arrondies, ce que trahissent les fractions en quarts :
- Hard 4 Play 2.0 135 : cinq pouces, soit 12,7 cm, pour trois quarts d'once, soit environ 21 g. Classe slow sink.
- Hard 4 Play 2.0 165 : six pouces un quart, soit 15,9 cm, pour une once et quart, soit environ 35 g. Classe slow sink.
- Hard 4 Play 2.0 200 : huit pouces, soit 20,3 cm. Classe slow sink.
La masse du 200 demande une réserve. Le tableau la note avec un symbole de pouce au lieu d'un symbole d'once : c'est une coquille évidente du revendeur. Lue en onces, la valeur donne environ 64 g, ce qui reste cohérent avec la progression des deux autres tailles — mais tant que ce n'est pas corrigé à la source, prends ce chiffre comme un ordre de grandeur et non comme une spécification. Si tu montes ce modèle sur une canne juste au bon calibre, vérifie la masse réelle sur une balance avant le premier lancer.
Le point important du tableau, lui, ne souffre aucune ambiguïté : les trois tailles sont annoncées en slow sink, coulant lent. Ce n'est pas un leurre flottant.
ABS dur, queue souple : une construction hybride
Savage Gear associe un corps en ABS rigide à une queue en PVC semi-souple rapportée sur le pédoncule. C'est un choix qui mérite d'être compris : l'ABS garantit une forme stable, un volume constant et une bonne tenue aux dents, alors qu'une queue rigide ne produirait qu'un battement mort. La queue souple, elle, continue de vibrer même quand le corps est à l'arrêt — c'est elle qui maintient un signal pendant les pauses.
Sur la photo produit, on compte quatre segments reliés par trois bagues d'articulation, ce qui correspond à la construction triple articulée annoncée. La queue fourchue, translucide et rayonnée, est bien une pièce souple rapportée. Deux œillets ventraux sont visibles, sans triples montés dessus — c'est une observation sur une photo produit, pas une spécification, et le descriptif annonce de son côté que le leurre est équipé de triples SG ST-36. Vérifie simplement l'armement à la réception.
La finition relève de la technologie Photo Print maison de Savage Gear, un procédé d'impression photographique appliqué sur le corps, auquel la marque attribue sa capacité à tromper les carnassiers les plus méfiants. C'est son argument commercial ; ce qui est vérifiable à l'œil, c'est la densité de détail et l'effet holographique du coloris perche de la photo.
Ce que donne la triple articulation
Trois articulations sur un corps rigide, ça produit une nage en S nettement plus serrée et plus réactive qu'un deux-segments comme un Gan Craft Jointed Claw. Le leurre ondule sur toute sa longueur en linéaire lent, sans jamais rouler ni sortir de son axe.
L'intérêt réel arrive à l'arrêt. Quand tu stoppes le moulinet, l'inertie des segments arrière continue de pousser vers l'avant : le corps se plie et part franchement sur le côté. Reprends la récupération, il se remet en ligne et repart. C'est ce cycle arrêt-redémarrage qui crée les écarts latéraux secs, et c'est lui qui décide un poisson suiveur.
Le rythme qui déclenche
Sept à dix tours de manivelle réguliers, un arrêt d'une seconde, on repart. Rien de plus compliqué. Varie la longueur des séquences plutôt que la vitesse : c'est la position de l'arrêt dans la trajectoire que le poisson ne peut pas anticiper. Sur les suivis en fin de récupération, un arrêt franc à deux mètres du bord ou du bateau transforme beaucoup plus de poissons qu'une accélération.
Le réflexe à prendre sur un slow sink articulé : pendant l'arrêt, laisse le leurre descendre d'un demi-mètre au lieu de le relancer tout de suite. Le pliage latéral se prolonge pendant la chute, et la queue souple continue de vibrer. C'est souvent à ce moment précis, leurre immobile et fil légèrement détendu, que le brochet se décide.
Slow sink : choisir sa profondeur au décompte
Les trois tailles coulant lentement, la profondeur de nage ne dépend pas d'une bavette mais du temps que tu accordes à la descente. Compte après le poser, puis ramène : le leurre tient à peu près l'étage atteint tant que la récupération reste régulière. Un décompte de deux secondes pour longer un herbier, de dix à quinze pour passer une cassure profonde.
Chronomètre la vitesse de descente de ton exemplaire la première fois, sur une profondeur connue. Elle varie selon la taille du modèle et selon l'armement que tu montes : changer de triples pour une référence plus lourde ou plus légère modifie sensiblement la densité d'ensemble.
L'armement, à vérifier avant de pêcher
Deux points à contrôler. D'abord les anneaux brisés : sur le 165 et surtout sur le 200, ils encaissent à chaque lancer la masse d'un leurre lourd, et c'est la pièce qui lâche en premier. Ensuite, au brochet, le bas de ligne acier ou titane n'est pas négociable sur un leurre de cette taille — un poisson qui attaque de travers un corps de vingt centimètres touche la ligne avant le leurre.

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Couleurs selon l'eau
- Eau claire : la perche holographique de la photo, avec ses barres verticales et ses reflets changeants. C'est la proie de référence du brochet et du sandre sur la plupart des plans d'eau européens.
- Eau teintée : un blanc ou un argenté franc. Dans une eau qui laisse passer un mètre de visibilité, le contraste vaut mieux que la ressemblance.
- Faible luminosité ou eau trouble : un dos sombre uni, ou un firetiger si l'eau est à la fois trouble et éclairée. Dans les deux cas, c'est la silhouette qu'on cherche, pas la couleur.
Où il se place dans une boîte
Le Hard 4 Play 2.0 occupe le créneau du leurre dur articulé polyvalent, entre le shad souple et le gros glide bait. Il ne glisse pas comme un Savage Gear 3D Bleak Glide Swimmer, qui demande une animation à la canne, et il n'a pas la souplesse d'un Savage Gear 4Play Herring à queue souple intégrale. Son terrain, c'est la récupération au moulinet avec des arrêts, à toutes les profondeurs qu'un décompte permet d'atteindre.
Reste que le choix de la taille et de la profondeur dépend d'abord du poste. C'est exactement ce que facilite CarnaFish : une photo du spot, et l'IA propose la zone, la profondeur et le type de présentation adaptés aux conditions du jour. Pour élargir au reste de la famille des leurres à brochet, notre guide sur le choix du leurre à brochet fait le tour des options.
Ce qu'il faut retenir
- Trois tailles, 12,7 cm pour environ 21 g, 15,9 cm pour environ 35 g et 20,3 cm dont la masse est mal notée dans le tableau du revendeur, de l'ordre de 64 g.
- Les trois versions sont annoncées en slow sink : la profondeur se choisit au décompte, pas avec une bavette.
- Corps ABS rigide en quatre segments et queue souple rapportée : le signal continue pendant les pauses.
- L'arrêt court en pleine récupération est l'animation clé, c'est lui qui produit le décrochage latéral.
FAQ
Quelles tailles existe-t-il pour le Hard 4 Play 2.0 ?
Trois, désignées 135, 165 et 200. Le tableau du revendeur les donne à cinq pouces soit 12,7 cm, six pouces un quart soit 15,9 cm, et huit pouces soit 20,3 cm. Les chiffres 135, 165 et 200 sont des noms de modèle correspondant à la longueur en millimètres, pas des cotes relevées.
Combien pèse le modèle 200 ?
Le tableau du revendeur comporte une coquille à cet endroit : la masse est notée avec un symbole de pouce au lieu d'une once. Lue en onces, elle donne environ 64 g, ce qui est cohérent avec les deux autres tailles, mais prends ce chiffre comme un ordre de grandeur et pèse ton leurre avant de le monter sur une canne limite.
Le Hard 4 Play 2.0 flotte-t-il ?
Non. Les trois tailles sont annoncées en slow sink, coulant lent. Laissé immobile, le leurre descend doucement, ce qui permet justement de choisir sa profondeur en comptant avant de commencer à ramener.
Comment l'animer ?
Récupération linéaire lente à moyenne, coupée d'arrêts d'une seconde toutes les sept à dix tours de manivelle. C'est l'arrêt, pas la vitesse, qui provoque l'écart latéral et déclenche le poisson qui suit.
Faut-il un bas de ligne acier ?
Au brochet, oui, sans exception. Sur un corps de quinze ou vingt centimètres, un poisson qui attaque en travers touche la ligne avant le leurre. Au sandre en eau claire, un fluorocarbone épais suffit si le brochet est absent du poste.
Avec quels hameçons est-il livré ?
Le fabricant annonce des triples SG ST-36. Sur la photo produit, le leurre est présenté nu, avec seulement ses deux œillets ventraux — une image de catalogue ne vaut pas spécification, vérifie donc ce qui est effectivement monté à la réception, ainsi que la taille des anneaux brisés.
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