Shimano Bantam Rip Flash : un éclat pendant la pause

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Un jerkbait suspending à l'arrêt, c'est un morceau de plastique immobile. Tout ce qui devait séduire — le crochet latéral, le flash des flancs, la vibration — s'est produit pendant l'à-coup, et s'arrête net dès que le leurre s'immobilise. Or c'est justement pendant cette immobilité que le poisson d'eau froide se décide, parfois au bout de dix secondes.
Il y a donc un trou dans l'animation : la phase la plus productive est aussi la plus muette. Le Bantam Rip Flash s'attaque exactement à ce trou. À l'intérieur du corps, une lame réfléchissante montée sur ressort continue d'osciller après que le leurre s'est arrêté. Pendant que la coque est figée, l'intérieur bouge encore et renvoie des éclats brefs à travers le flanc translucide.
Le principe est simple. La conséquence sur la façon de pêcher l'est moins, et c'est tout l'intérêt de ce leurre.
Un flash qui survit à l'immobilité
Ce qu'un poisson perçoit d'un jerkbait, en eau claire, c'est d'abord une succession d'éclats. Le flanc renvoie la lumière quand le leurre pivote ; dès qu'il cesse de pivoter, il n'y a plus rien à voir sinon une silhouette.
La lame interne change la donne sur trois points :
- Elle prolonge le signal de deux à quatre secondes après le dernier à-coup. Le poisson qui s'est retourné au bruit trouve encore quelque chose qui bouge quand il arrive.
- Elle produit des éclats désynchronisés du corps. Ce n'est plus un flash par pivot, mais un scintillement irrégulier, plus proche de l'écaille d'un poisson blessé qui tremble que d'un leurre métronomique.
- Elle travaille aussi en récupération linéaire, ce qui rend le leurre utilisable autrement qu'en jerk pur : ramené lentement, il garde un signal supplémentaire que ses concurrents n'ont pas.
Ajoute à cela des flancs plats. Un corps à section aplatie réfléchit la lumière sur une grande surface d'un coup, contrairement à un corps rond qui la disperse. C'est le même principe qu'un crankbait flat-side : plus d'éclat, moins de vibration.
L'animation : allonger les pauses, raccourcir les à-coups
C'est ici que le leurre demande de casser ses habitudes. Avec un jerkbait classique, on compense la pause muette par des à-coups amples et nombreux. Ici, c'est l'inverse.
- Lance, puis deux à trois tours rapides pour amener le leurre à sa profondeur.
- Deux à-coups courts et secs, dix à quinze centimètres chacun, poignet seul, scion pointé vers l'eau. Pas besoin de grandes amplitudes : tu cherches à lancer la lame, pas à déplacer le leurre.
- Pause longue, en gardant la bannière légèrement détendue. C'est la phase de travail : le corps est figé, l'intérieur scintille.
- Reprends le mou lentement avant l'à-coup suivant, en restant attentif — une bonne part des touches se manifeste par un simple poids au moment où tu tends.
- Recommence jusqu'au bord, sans jamais raccourcir les pauses pour aller plus vite.
| Température de l'eau | Nombre d'à-coups | Durée de pause |
|---|---|---|
| Au-dessus de 16 °C | 3 à 4 | 1 à 2 s |
| 11 à 16 °C | 2 à 3 | 3 à 6 s |
| 7 à 11 °C | 2 | 6 à 10 s |
| Sous 7 °C | 1 à 2 | 10 à 20 s |
Règle de terrain : sur ce modèle, ne remonte pas le rythme quand rien ne mord — allonge encore la pause d'un tiers. La lame interne met environ une seconde à se lancer et continue plusieurs secondes. Une pause de deux secondes coupe le signal avant même qu'il ait donné son maximum, et tu perds précisément ce pour quoi tu as pris ce leurre.
Réglages : ce qui fait dériver la suspension
Comme tout suspending, il est réglé au plus juste et les trois paramètres habituels le déséquilibrent.
Le fil. Un fluorocarbone de 28 à 30 centièmes le maintient dans sa couche d'eau. En 35 centièmes, il coule légèrement pendant les pauses longues — parfois utile en hiver pour descendre d'une trentaine de centimètres, mais à faire sciemment. Un nylon flottant le fait remonter.
Les hameçons. Reste sur des triples de diamètre équivalent à l'origine. Un triple renforcé pour le brochet alourdit l'avant et modifie l'assiette à l'arrêt : compense en montant un modèle plus léger à l'arrière.
Le bas de ligne brochet. Un acier fin de vingt centimètres passe sans dégrader l'action. Un titane de forte section, ou un bas de ligne trop long, bride le crochet latéral. Sur brochet, c'est un compromis à accepter : mieux vaut un leurre légèrement bridé qu'un leurre coupé.

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Ses créneaux, et ses angles morts
Il est à son meilleur en eau claire à légèrement teintée, de 8 à 16 °C. C'est-à-dire l'automne, l'hiver doux, et le tout début du printemps. Les postes types : bordures rocheuses, tombants doux, herbiers morts, pointes et queues de baie où le poisson est posté à faible profondeur mais peu actif.
Ses limites sont franches :
- En eau très trouble ou de nuit, le flash n'a pas de support : sans lumière, la lame ne sert à rien. Un leurre à vibration marquée fera mieux.
- Sur poisson très actif en chasse, la pause longue est du temps perdu. Un leurre de recherche rapide couvre bien plus de terrain.
- En profondeur, au-delà de deux mètres, il ne descend pas. Ce n'est pas un jerkbait plongeant.
- Par grand vent, tenir une bannière semi-détendue pendant dix secondes devient impossible et tu perds la maîtrise de la pause.
Rip Flash face aux jerkbaits de référence
Le Lucky Craft Pointer 100 reste la référence de l'immobilité parfaite : il tient sa couche d'eau aussi longtemps que tu veux, avec un crochet latéral très franc. C'est le choix si tu joues uniquement sur l'arrêt et la silhouette figée, et il est plus compact donc plus facile à faire accepter en eau très claire.
Le Megabass Vision 110 mise sur une nage plus roulée et une longue dérive après l'à-coup : le leurre continue de se déplacer un moment, ce qui est excellent sur poisson qui suit.
Le Rip Flash se place entre les deux avec un argument qu'aucun des deux n'a : un signal actif pendant l'arrêt. Traduit en usage, tu le préfères quand tu constates des suivis sans attaque en eau claire et froide, et quand allonger les pauses avec un jerkbait classique ne produit plus rien. Ses flancs plats le rendent aussi plus visible à distance sur les journées grises.
Notre guide sur le choix du leurre à brochet resitue le jerkbait suspending dans la saison. Et si tu hésites sur la durée de pause à tenir en arrivant devant un herbier mort, CarnaFish analyse une photo du poste et te répond.
À retenir
- Une lame réfléchissante interne prolonge le flash deux à quatre secondes après l'arrêt du leurre.
- À-coups courts de dix à quinze centimètres : tu lances la lame, tu ne déplaces pas le leurre.
- Quand ça ne mord pas, allonge la pause d'un tiers plutôt que d'accélérer.
- Fluorocarbone 28-30/100 pour garder la suspension, 35/100 si tu veux descendre volontairement.
- Eau claire et froide entre 8 et 16 °C. Sans intérêt de nuit, en eau trouble ou sur poisson en chasse.
FAQ
Comment fonctionne le flash à l'arrêt du Bantam Rip Flash ?
Une lame réfléchissante montée sur ressort à l'intérieur du corps continue d'osciller après l'à-coup. Le leurre peut être parfaitement immobile, l'intérieur bouge encore et renvoie des éclats à travers le flanc pendant quelques secondes.
Combien de temps faut-il marquer la pause ?
De une à deux secondes au-dessus de 16 °C, trois à six secondes entre 11 et 16 °C, et jusqu'à dix ou vingt secondes sous 7 °C. Sur ce modèle en particulier, la bonne correction quand rien ne mord est d'allonger encore, pas d'accélérer.
Convient-il au brochet ?
Oui, avec un bas de ligne acier fin d'une vingtaine de centimètres. Un bas de ligne épais ou trop long bride le crochet latéral, mais c'est un compromis nécessaire : sans lui, tu perds le leurre à la première attaque franche.
Faut-il changer les hameçons d'origine ?
Seulement si tu passes sur des poissons plus gros, et en restant proche du diamètre d'origine. Un triple renforcé à l'avant modifie l'assiette à l'arrêt : si tu en montes un, allège l'arrière en compensation pour conserver la suspension.
À quelle profondeur nage-t-il ?
Entre un et deux mètres environ selon le fil et la vitesse d'approche. Ce n'est pas un jerkbait plongeant : pour aller chercher du poisson au-delà, il faut un modèle à bavette plus longue.
Est-il efficace en eau teintée ?
Peu. Tout son intérêt repose sur la réflexion de la lumière, et sans visibilité la lame interne ne produit aucun signal utile. En eau trouble, un leurre à forte vibration ou un lipless couvre bien mieux le terrain.
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